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27 janvier 2008
Pour enfants : "Aimeline" de N. Perrier et S. Toth (Chap. 1)
Le village s'étalait paisible, baigné de lumière. Aux alentours, les prés verdoyants, les champs dorés et partout, les cerisiers en fleurs. Une belle rivière miroitait sous le soleil, elle traversait le village et s'en allait dans la plaine en passant sous le pont de vieilles pierres grises, ombragé par les grands frênes et les saules qui poussaient au bord de l'eau.
Pas loin de cette rivière, au pied du coteau, s'élevait une humble chaumière. On n'y voyait jamais beaucoup de monde, mais on savait qu'elle était habitée. D'ailleurs, une petite fumée sortait toujours de la cheminée et, de temps à autre, on entendait les aboiements d'un chien. C'est là que vivait Aimeline.
C'était une petite fille gentille, aimable, généreuse, mais malheureusement, la nature l'avait dotée d'une bosse disgrâcieuse et c'est pour cela qu'elle ne sortait pas beaucoup, les autres enfants se moquant facilement d'elle, et parfois, ils la poursuivaient en criant : "oh ! la bossue... Oh ! la bossue... !" Elle souffrait en silence et ne leur en voulait pas.
Elle se rendait le moins possible au village, d'ailleurs, elle n'avait pas le temps de musarder, ses vieux parents l'attendaient et avaient sans cesse besoin d'elle. Sa vie n'était pas gaie, mais néanmoins, elle s'acquittait de ses tâches avec courage et ne se plaignait jamais. Un petit chien, un vieux matou et quelques poules étaient sa compagnie.
Son chat ne la quittait jamais. Un soir qu'elle paraissait plus triste que d'habitude, il vint se frotter à ses jambes, câlin, passant et repassant. Puis, tout à coup, il lui dit :
"je n'aime pas te voir ainsi Aimeline. Je suis vieux, ma fin est proche. Avant de mourir, je veux te voir heureuse. J'ai revu un cousin éloigné versé dans l'art de la magie. Il m'a confié que tu devais partir de notre cher pays pour un voyage périlleux et long qui t'apportera le bonheur. L'oracle a fixé ton départ pour demain matin, tu marcheras face au soleil levant. Je ne peux plus t'aider, mais je sais que tu trouveras. Pars !"
"Mais ce n'est pas possible Philibert" répondit Aimeline bouleversée "tu vas vivre encore de longues années heureuses avec moi. N'écoute pas les sornettes de ton cousin qui s'est égaré l'esprit à trop lire ses vieux grimoires ! je..."
Philibert la coupa doucement en balançant sa vieille tête tigrée.
"Tu dois y aller et ton destin s'accomplira. N'essaie pas d'échapper aux Dieux, l'oracle n'a pas menti. Tu trouveras le bonheur."
Résignée, Aimeline prit son vieil ami dans ses bras et tandis qu'elle le caressait doucement, elle repensa à toutes ces années paisibles passées avec ses amis du Bois vert.
15:10 Publié dans Contes pour enfants | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : conte, histoires, enfants, littérature, jeunesse, enfant, Stéphan |
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